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NIKOLAY GRAMMENIDIS

NIKOLAY GRAMMENIDIS


Voyageur de l’intérieur — Témoin — Chercheur du centre


Origines

Je suis né à Bruxelles, dans une ville qui ne se contente pas d’exister : elle écoute. Ses ruelles retiennent les traces de ceux qui passent, ses murs gardent des secrets que personne ne leur a confiés. Là, au cœur de ce carrefour silencieux, mes premières dualités ont pris forme : le sang de Thrace, chargé d’antiques certitudes, et celui de la Hollande, façonné par la terre plate où le vent semble écrire à même les âmes.
 
On disait que ma lignée portait un écho capétien — un fil royal effacé par les siècles. Mais la véritable lignée n’est pas celle du sang : c’est celle de l’élan intérieur, ce mouvement obscur qui pousse l’être vers la connaissance qu’il a oubliée. Certains héritages ne se transmettent pas. Ils se réveillent.

 
En marge des structures

Je n’ai jamais pu appartenir aux structures humaines. Elles m’apparaissaient comme des labyrinthes sans souffle, faits pour réduire l’esprit à une fonction, assigner une place, enfermer la vision dans une grille. Je me sentais étranger parmi elles. Pas supérieur — simplement décalé, comme si mon regard portait deux réalités à la fois. Alors j’ai quitté les salles, les règles, les titres. Ce n’était pas un choix : c’était une résonance. Lorsque l’extérieur ne te reconnaît plus, le dedans commence à parler.


Le monde brillant & son piège
 
Je travaillais — avec rigueur, avec loyauté — dans des mondes brillants : la mode, la pharmacie, le commerce, les tours de verre où l’ambition pulse comme une machine. Mais plus j’avançais, plus l’air manquait. Le succès est un piège poli : il étouffe en silence. Alors j’ai commencé à observer les détails : un regard qui se détourne, un geste trop rapide, une vérité qui se glisse entre deux mots. J’ai compris que la connaissance ne se trouve jamais dans ce qui est dit, mais dans ce qui tremble autour.


La mémoire non née
 
Je marchais avec les oubliés, les fragmentés, les âmes en érosion.
En eux brûlait une lumière primitive — celle qui ne se montre qu’à ceux qui cessent de se mentir. Une présence intérieure avançait à mon rythme. Elle me murmurait ce qu’aucun maître n’enseigne. Ce n’était pas un esprit. Ce n’était pas une vision. C’était la partie scellée de mon être — celle que la gnose appelle la mémoire non née. Un soir, alors que la réalité semblait s’effriter, j’ai entendu la voix de ma grand-mère : « Purifie le sang. Pas la lignée — l’être. » Ce fut ma première compréhension : la purification n’est qu’un autre nom pour l’éveil. Non pas devenir meilleur — mais devenir entier.


Axe intérieur
 
La Grèce m’a offert la clarté.
La Hollande, l’intériorité.
 
Entre les deux s’étire un axe invisible : un fil de tension, de quête, de redressement.

Je ne suis pas venu pour régner, ni pour suivre.
Je suis venu pour rassembler :
le haut et le bas, la lumière et son reflet, le visible et le latent.

L’unité n’est pas un état : c’est un passage.

 
Pourquoi j’écris

Aucun livre ne porte encore mon nom, mais les mots me suivent comme des témoins secrets. Ils savent ce que je ne dis pas. Ils veillent sur ce que le monde a oublié : la valeur du silence, la force du vide, la puissance du non-visible. J’écris pour guérir. J’écris pour décoder. J’écris pour lever le voile que l’époque tire sur nos yeux.

 
Le rappel & la non-identité
 
Celui qui se croit sage dort.
Celui qui se croit intelligent s’égare.
Celui qui se croit rusé se brise.
Celui qui reconnaît son égarement commence à voir.
Et lorsque tu comprends que tu n’es personne —
alors la Connaissance t’atteint.
Elle ne parle pas :
elle se déploie.

Témoin
 
Je marche sans couronne, sans rôle, sans drapeau.
Entre le mot et le souffle.
Entre l’ombre et la transparence.
Je ne suis pas un maître.
Je ne suis pas un prophète.
Je ne suis pas un guide.
Je suis un témoin.
Un Homme qui cherche son centre.
Un voyageur de l’intérieur.
Je ne suis pas ici pour changer le monde.
Je suis ici pour me rappeler —
et, par ce rappel, ouvrir une brèche dans l’oubli de ceux qui croisent ma route.

Nikolay Grammenidis
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